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title: 'Les pierres druidiques'
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date: '2026-07-01'
description: 'Dans ces pre­mières pages de ses Mémoires de Léo­nard, ancien gar­çon maçon, Mar­tin Nadaud revient sur l’un des lieux qu’il aimait à se remé­mo­rer lorsqu’il était loin de son pays natal et qu’il retrou­vait avec grand plai­sir. Tout proche de La Mar­ti­nèche se trouve le Puy Maria, mont carac­té­…'
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# Les pierres druidiques

 [Martin Nadaud](https://gc.reclic.dev/fr/geoculture/martin-nadaud) | [*Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon*](https://gc.reclic.dev/fr/geoculture/martin-nadaud/memoires-de-leonard-ancien-garcon-macon) (1895)

> Pen­dant les soixante ans que j’ai habi­té Paris ou Londres, dans les courtes visites que j’ai pu faire au pays, j’ai revu bien des fois les lieux où j’ai gar­dé les trou­peaux, et les ruis­seaux où je pêchais à la main, les gou­jons et quel­que­fois les truites ; mais où je me ren­dais tou­jours avec le plus d’agrément, c’était au som­met d’une des trois mon­tagnes qui entourent notre vil­lage et que nous appe­lons le Puy-Maria. Là, on trouve de nom­breuses pierres sur les­quelles la légende croit voir la main de l’ouvrier gaulois.
> 
> Dans le nombre, il s’en trouve une beau­coup plus éle­vée que les autres et remar­quable à plu­sieurs points de vue. On voit d’abord taillé dans le roc un esca­lier de neuf marches qui conduit le visi­teur jusqu’au haut, où on aper­çoit deux bas­sins : le pre­mier qui a une forme ellip­tique, mesure au petit axe un mètre, et au grand, un mètre cin­quante-sept, et a trente-deux cen­ti­mètres de profondeur.
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> Le plus petit est en forme de cir­con­fé­rence, et mesure dans son dia­mètre, soixante-deux centimètres.
> 
> Ces deux bas­sins com­mu­niquent par un conduit ayant de dix-huit à vingt cen­ti­mètres dans sa plus grande largeur.
> 
> C’est là, disent nos vil­la­geois et les nom­breux tou­ristes qui viennent visi­ter la pierre mys­té­rieuse, que les Druides fai­saient leurs abla­tions et met­taient à nu les entrailles de leurs vic­times. Car, au temps où tous les peuples croyaient aux augures, le sort dési­gnait ceux qui, à la veille d’une guerre ou de tout autre évé­ne­ment inté­res­sant les popu­la­tions, devaient être livrés aux dieux pour désar­mer leur colère. Cepen­dant, à l’époque où l’illustre Ver­cin­gé­to­rix com­bat­tit avec tant de vaillance contre César, les druides qui, au point de vue des sen­ti­ments moraux étaient bien supé­rieurs aux Romains et aux pré­ten­dus chré­tiens, n’avaient plus recours à ce genre de sacri­fice. Mais, mal­heur aux vain­cus ! Les per­sé­cu­teurs des Gau­lois pour pal­lier leurs crimes et leurs for­faits ont inven­té une légende qui a tra­ver­sé les siècles et pèse encore sur la mémoire de nos dignes ancêtres. On nous les montre tou­jours prêts à égor­ger leurs popu­la­tions. Les his­to­riens nous révèlent en effet un temps, où la plu­part des peuples se livraient aux sacri­fices humains.
> 
> Ce qui ne parait point dou­teux, c’est que les Gau­lois appli­quaient ce genre de peine de mort à leurs cri­mi­nels, comme nous nous ser­vons aujourd’hui de la guillo­tine, les Anglais, de la potence, et les Espa­gnols, de l’écrou.
> 
> Du som­met de cette mon­tagne, la vue s’étend sur un espace immense ; on découvre à l’Est, les monts d’Auvergne ; au nord et à l’ouest, les forêts de Gué­ret et au sud-ouest, jusqu’aux confins de la Haute-Vienne.
> 
> Contem­plé de plus près, notre pano­ra­ma ne perd rien de sa beau­té et conti­nue d’étonner et d’émouvoir la pen­sée du visiteur.
> 
> Au lever du soleil, alors que ses rayons brillent sur cette immen­si­té, le spec­tacle est ravis­sant et fée­rique ; nos champs de blé au moment des mois­sons res­semblent à une nappe d’or. On est bien près de croire alors à l’existence d’un être suprême, mais on com­prend mieux sur­tout ce cri arra­ché du cœur de J.-J. Rous­seau : « Que la nature est belle et imposante ! »
> 
> A quelques cen­taines de mètres de notre vil­lage, coule le Thau­rion, rivière assez impor­tante et sur­tout très pois­son­neuse, sui­vant son lit en de riants méandres et fer­ti­li­sant une grande prai­rie du châ­teau féo­dal de Pon­ta­rion qui fut si for­te­ment éprou­vé par quelques san­glantes batailles livrées entre catho­liques et pro­tes­tants, dans cette loca­li­té même.

 Mar­tin Nadaud, *Mémoires de Léo­nard, ancien gar­çon maçon*, Bour­ga­neuf, A. Duboueix, impri­meur-libraire, 1895, p.2–4 (dis­po­nible sur [Gal­li­ca](http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24301h))

Dans ces pre­mières pages de ses *Mémoires de Léo­nard, ancien gar­çon maçon*, Mar­tin Nadaud revient sur l’un des lieux qu’il aimait à se remé­mo­rer lorsqu’il était loin de son pays natal et qu’il retrou­vait avec grand plai­sir. Tout proche de La Mar­ti­nèche se trouve le Puy Maria, mont carac­té­ri­sé par une « curio­si­té » qu’il s’attache à décrire, selon une approche digne des socié­tés savantes de cette époque. Au som­met du Puy Maria en effet se trouvent un ensemble de blocs de gra­nit tra­vaillés par le temps et l’érosion ain­si que la Pierre aux neufs gra­dins, bloc dans lequel l’homme a sculp­té neuf marches et au som­met duquel se trouvent deux vasques dont on ignore si elles sont dues aux hommes ou au tra­vail du temps. Un tel lieu ne peut que se prê­ter aux légendes et à diverses interprétations.

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