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title: 'Notre arrivée à la gare...'
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description: "Ces dif­fé­rents extraits relatent l’arrivée des Japo­nais à Limoges. Dès sa des­cente du train, le 27\_août 1914, Shi­ma­za­ki découvre les effets de la mobi­li­sa­tion géné­rale, décré­tée le 2\_août par le gou­ver­ne­ment fran­çais. Les mobi­li­sés tran­sitent par la gare des Béné­dic­ti…"
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# Notre arri­vée à la gare…

 [Shimazaki Tōson](https://gc.reclic.dev/fr/geoculture/shimazaki-t-son) | [*L’Étranger*](https://gc.reclic.dev/fr/geoculture/shimazaki-t-son/letranger) (1922)

> Notre arri­vée à la gare coïn­ci­dait avec un départ des sol­dats en guerre, accom­pa­gné d’un grand ras­sem­ble­ment des gens de la ville. Là, l’apparition en \[sic\] cinq drôles d’étrangers les auraient beau­coup frap­pés. Immé­dia­te­ment, nous avons été entou­rés, à droite et à gauche, d’un nombre d’hommes et de femmes s’approchant de nous pour regar­der. Sur­git alors une jeune femme, qui se fau­fi­lait dans la foule et venait vers nous en nous appe­lant par nos noms. C’était Mar­gue­rite. Notre logeuse pari­sienne déjà arri­vée la veille dans cette ville de pro­vince, avait envoyé sa nièce nous cher­cher à la gare. Sous le regard curieux de la foule, Mar­gue­rite venue à notre ren­contre rou­git comme une petite fille. Notre sauf-conduit mon­tré au gar­dien de la gare, nous avons échap­pé, ins­tal­lés dans un café devant la gare, à la curio­si­té des gens.
> 
> \[…\]
> 
> Une nuit pas­sée à l’hôtel. Le matin, la tour du temple Saint-Étienne en vue en dehors de la fenêtre, un chant de coq inat­ten­du me frap­pa à l’oreille. La ville ne serait pas seule­ment connue pour sa pro­duc­tion de por­ce­laine, mais aus­si pour la gar­ni­son du VIe régi­ment. Une son­ne­rie de clai­ron de la caserne se fit entendre dans le brouillard matinal.
> 
> \[…\]
> 
> La ville de Limoges, pour les yeux habi­tués à Paris, est une ancienne ville sei­gneu­riale. Elle me rap­pelle vague­ment notre ville de Mat­su­mo­to. La cathé­drale Saint-Étienne, visible même depuis l’hôtel de la gare, est un grand édi­fice de pierre, devant lequel nous venions de pas­ser. Une petite cha­pelle por­tant une croix gra­vée dans le coin d’une ruelle qui remonte vers la cathé­drale nous rap­pe­lait qu’il s’agissait bien d’un pays de reli­gion catho­lique. \[…\] Nous avons vu aus­si, sous l’ombre des feux flot­tants des cierges ali­gnés devant la cha­pelle, une jeune femme vêtue en noir, age­nouillée sur le per­ron, en prière pour un être cher par­ti au front, semblait-il.

 Shi­ma­za­ki Toson, *L’Étranger*, 1922, chap.67–68 (tra­duc­tion d’extraits par Pr Susu­mu Kudo).

Ces dif­fé­rents extraits relatent l’arrivée des Japo­nais à Limoges. Dès sa des­cente du train, le 27 août 1914, Shi­ma­za­ki découvre les effets de la mobi­li­sa­tion géné­rale, décré­tée le 2 août par le gou­ver­ne­ment fran­çais. Les mobi­li­sés tran­sitent par la gare des Béné­dic­tins pour gagner les zones de com­bat vers le nord-est.

> La mobi­li­sa­tion en Limou­sin s’est effec­tuée admi­ra­ble­ment, avec un entrain et une régu­la­ri­té dignes d’éloges. Pas un régi­ment n’est par­ti de Limoges sans être ova­tion­né par la foule \[…\].

*Limoges illus­tré*, 1er sep­tembre 1914.

Tout au long de son séjour, Shi­ma­za­ki habite une ville loin du front et pour­tant for­te­ment mar­quée par le conflit qui rapi­de­ment s’enlise. Les hommes jeunes sont par­tis, l’économie tourne au ralen­ti. Sur­tout, les bles­sés affluent. Ces scènes sont notam­ment immor­ta­li­sées par les des­sins d’Eugène Alluaud.

> Les hommes en âge de por­ter les armes avaient quit­té les champs et les fermes, les che­vaux avaient été réqui­si­tion­nés, les étables étaient calmes et tristes. Les usines de por­ce­laine avaient fer­mé leurs portes, ain­si que la plu­part des maga­sins… les bâti­ments du lycée et des écoles étaient uti­li­sés comme infir­me­ries pour sol­dats blessés.

Shi­ma­za­ki Tōson, *L’Étranger*, 1922, chap.71 (trad. Jean-Pierre Levet).

> Un hôpi­tal mili­taire anglais a été ins­tal­lé dans les locaux de l’école des Beaux-Arts : tout le per­son­nel, méde­cins, infir­miers et infir­mières est anglais \[…\]

*Limoges illus­tré*, 1er novembre 1914.

L’hospitalité de ses hôtes, qui marque l’auteur japo­nais dès les pre­miers ins­tants, lui sera très appré­ciable pen­dant les quelques mois qu’il passe à Limoges, et contri­bue à faire de la ville un havre apai­sant pour l’écrivain.

La petite cha­pelle qu’il évoque existe tou­jours de nos jours. Il s’agit de Notre-Dame de Pré­ser­va­tion, qui se situe à l’angle de la rue de la Cathé­drale et du bou­le­vard de la Corderie.

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