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date: '2026-07-01'
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# Journal

 [Eugène Delacroix](https://gc.reclic.dev/geoculture/eugene-delacroix)

> *11 septembre.* — Arrivé à Limoges vers onze heures, je m’installe pour la journée à l’hôtel du *Grand Périgord*; je fais un déjeuner dont j’avais besoin après l’insupportable voyage. Je vois la ville, le musée, l’église Saint‐Pierre, la cathédrale, Saint‐Michel.
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> La cathédrale est inachevée, la nef manque. En général, les églises de tout ce pays sont d’une obscurité lugubre. Je me suis endormi dans la cathédrale.
> 
> A Saint‐Michel, près du musée, où je suis revenu en dernier lieu, j’en ai fait autant. Ces petits repos m’ont remis tout à fait.
> 
> Je me suis fait raser par un frater et suis venu dîner vers quatre heures et demie. Excellentissimes champignons, inconnus à Paris.
> 
> Je pars à six heures pour Brive. Dans le coupé, tête à tête avec un brigadier de gendarmerie, très convenable : tête superbe. Il me quitte vers neuf heures. Je passe une bonne nuit, tantôt dormant, tantôt voyant passer à la lueur des quinquets de la voiture le bizarre pays que je traverse… Uzerche, etc., que je regrette de ne pas voir de jour.
> 
> \[…\]
> 
> *12 septembre.* — Arrivé à Brive à dix heures. François était venu m’y chercher, et reparti.
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> Je parcours la ville, qui est très jolie; l’église romane, où on a peint des cannelures et des caissons; le collège ou séminaire, charmante architecture de
> la Renaissance.
> 
> Je pars à midi et demi et suis à Crose vers trois heures; je ne puis vaincre, tout le long du voyage, une somnolence extrême. Frappé de la vue de Turenne et de ses ruines. Beaucoup d’émotion en arrivant.
> 
> \[…\]
> 
> *13, 14 et 15 septembre.* — Tous ces jours jusqu’à dimanche, jour de mon départ, la même vie à peu près; je suis seul, suivant mes habitudes, jusqu’au déjeuner. L’avant-dernier jour, le 15, je dessine une partie de la journée les montagnes, de ma fenêtre. Je dessine après déjeuner et par la chaleur le joli vallon où François a planté des peupliers; je suis charmé de cet endroit; je remonte par un soleil que je trouve cuisant et qui me fait toujours une impression de fatigue pour le reste de la journée; je cueille avec délices quelques figues, quelques pêches; bien entendu que je m’accuse de mes larcins.
> 
> \[…\]
> 
> La négligence qui est partout dans ce pauvre Crose, et qui m’avait choqué d’abord, avait fini par me plaire : rien n’y ressemble à nos habitations d’aujourd’hui… L’herbe pousse où elle veut, la maison se conserve toute seule.
> 
> Promenade à Turenne un de ces jours; la première fois, elle avait été marquée par l’événement de la fuite des deux juments, après lesquelles on avait couru longtemps. Le jour que nous y sommes allés, il faisait une pluie diluvienne; j’ai été pourtant satisfait de cette excursion; ce château perché sur le rocher, comme sur un piédestal, est tout à fait extraordinaire.
> 
> \[…\]
> 
> L’église de Turenne remarquable par un grand air; sa simplicité et même son dénuement ne lui nuisent pas.

 *Journal de Eugène Delacroix*, tome troisième : 1855–1863, Plon, 1893 (disponible [sur Gallica](http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb303120833)).

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