Alphonse de Lamartine

Adrien Tour­na­chon, Alphonse de Lamar­tine, 1856

Source : Wiki­mé­dia

Alphonse de Lamar­tine est un homme de lettres et un homme poli­tique, connu aus­si bien pour ses Médi­ta­tions poé­tiques notam­ment que pour son enga­ge­ment abo­li­tion­niste et son rôle au cours de la Seconde République.

Né en 1790 à Mâcon (Saône-et-Loire), Alphonse de Lamar­tine passe une large par­tie de son enfance à proxi­mi­té, dans la demeure fami­liale de Mil­ly. Sa mère assure éga­le­ment le rôle de pre­mière ins­ti­tu­trice ; il pour­suit ses études au col­lège des Pères de la Foi à Bel­ley (Ain) de 1803 à 1808. Il revient ensuite à Mil­ly, et effec­tue divers voyages à Paris, Lyon ou en Ita­lie. C’est de cette période que datent ses pre­miers écrits poé­tiques.
En 1820 paraissent ses Médi­ta­tions poé­tiques, ins­pi­rées en par­tie par la mort, en 1817, de Julie Charles, femme mariée avec qui il entre­tint une idylle. Les Médi­ta­tions poé­tiques marquent une rup­ture dans la poé­sie fran­çaise et pro­voquent l’admiration de Vic­tor Hugo ou de Sainte-Beuve ; selon le Dic­tion­naire des par­le­men­taires fran­çais (1789–1889) éta­bli sous la direc­tion d’Adolphe Robert et de Gas­ton Cou­gny, ces Médi­ta­tions « excit[ent] une admi­ra­tion uni­ver­selle et obt[iennent] un pro­di­gieux suc­cès ; leur influence fut pro­fonde sur la poé­sie lyrique fran­çaise du siècle », mais aus­si sur sa vie : il épouse Mary-Ann Birch, entame une car­rière diplo­ma­tique…
Il pour­suit paral­lè­le­ment une intense acti­vi­té lit­té­raire ; can­di­dat mal­heu­reux dès 1824 à l’Académie fran­çaise, il y est fina­le­ment élu en 1829.
En 1832, sa fille Julia meurt au cours du voyage que Lamar­tine, accom­pa­gné de son épouse et de ses deux filles, réa­lise au Moyen-Orient. Ce tra­gique évé­ne­ment lui ins­pire Geth­sé­ma­ni ou la Mort de Julia, qu’il intègre ensuite dans le récit qu’il fait de son voyage, publié ini­tia­le­ment en 1835 sous le titre Sou­ve­nirs, impres­sions, pen­sées et pay­sages pen­dant un voyage en Orient, 1832–1833 ou Notes d’un voya­geur avant d’être renom­mé, dès 1841, en Voyage en Orient.

Sa car­rière poli­tique débute véri­ta­ble­ment en 1833. Alors qu’il est tou­jours en Orient, il est élu dépu­té du Nord (à Bergues); il ne siège qu’à par­tir du mois de décembre et ne pro­nonce son pre­mier dis­cours à la tri­bune qu’en jan­vier 1834. C’est d’ailleurs au cours de cette même année que Lamar­tine par­ti­cipe à la créa­tion de la Socié­té fran­çaise pour l’abolition de l’esclavage. Il est élu sans dis­con­ti­nuer à l’Assemblée natio­nale jusqu’à son der­nier man­dat, de juillet 1849 à décembre 1851, ne s’inscrivant que peu dans des par­tis, décla­rant même en 1835 « dev[enir] de jour en jour plus inti­me­ment et plus conscien­cieu­se­ment révo­lu­tion­naire », même si Del­phine de Girar­din regrette qu’il ne « chang[e] trop sou­vent d’idée fixe ».

En 1848, suite à la pro­cla­ma­tion de la Seconde Répu­blique, Lamar­tine intègre le gou­ver­ne­ment pro­vi­soire et exerce les fonc­tions de ministre des Affaires étran­gères. Il s’oppose alors à Louis Blanc, notam­ment sur le choix du dra­peau rouge ou sur la mise en place d’un minis­tère du Pro­grès. Cepen­dant, Lamar­tine, appuyé de ce der­nier, par­vient à faire voter « l’abolition de la peine de mort en matière poli­tique ». Lamar­tine subit un cui­sant échec à l’élection pré­si­den­tielle du 10 décembre 1848 qui voit Louis-Napo­léon Bona­parte l’emporter lar­ge­ment. Le coup d’État de ce der­nier l’éloigne défi­ni­ti­ve­ment de la vie politique.

La fin de sa vie est mar­quée par d’importants pro­blèmes finan­ciers et par sa ten­ta­tive de s’installer en Tur­quie, qui donne lieu à la publi­ca­tion d’une volu­mi­neuse His­toire de la Tur­quie en huit volumes.

Alphonse de Lamar­tine meurt à Paris en 1869.

Liens

Lamar­tine sur Wiki­pé­dia

Lamar­tine sur le site de l’Assemblée natio­nale

Lamar­tine sur le site de l’Académie française