À rai­son de…

Élie Berthet | Le Prieur des pénitents rouges (1839)

À rai­son de je ne sais quel pri­vi­lège, accor­dé par je ne sais quel sou­ve­rain, la congré­ga­tion des péni­tents rouges deve­nait maî­tresse du corps d’un sup­pli­cié, et aus­si­tôt que le bour­reau l’avait aban­don­né à son propre poids. Si le porte-ban­nière pou­vait tou­cher avec la croix de la confré­rie le patient encore sus­pen­du à la corde, mort ou vivant, le condam­né appar­te­nait aux péni­tents, la loi était consi­dé­rée comme satis­faite. On com­prend donc pour­quoi on pla­çait une force armée impo­sante entre les confrères et la potence ; c’était pour empê­cher l’exercice d’un pri­vi­lège qui avait sau­vé bien des cou­pables. Aus­si, les bonnes gens qui com­po­saient la confré­rie n’avaient-ils pas essayé depuis long­temps de faire valoir leur droit : ils se conten­taient de rece­voir, après l’exécution, le corps du patient pour lui rendre selon leurs sta­tuts, le devoirs de la sépulture.

Élie Ber­thet, Le Prieur des péni­tents rouges, E. Den­tu, 1877, p.267–268.

Élie Ber­thet pré­sente ici le rôle que pou­vait jouer l’ordre des péni­tents rouges, à savoir sau­ver la vie des condam­nés, pri­vi­lège aux ori­gines incon­nues de l’auteur.