Pro­me­nades autour d’un village

George Sand – 1866

Pro­me­nades autour d’un vil­lage, publié pour la pre­mière fois en 1866 chez Michel-Lévy frères, cor­res­pond en fait à une antho­lo­gie, dont la par­tie la plus impor­tante cor­res­pond au Cour­rier de vil­lage (1857), et pour laquelle George Sand a insé­ré d’autres textes anté­rieurs consa­crés au Ber­ry et à la Creuse.

Le Cour­rier de vil­lage consti­tue le récit des déam­bu­la­tions de George Sand dans les envi­rons de Gar­gi­lesse qu’elle fait décou­vrir à deux amis, l’ar­tiste Alexandre Man­ceau (gra­veur et auteur) sur­nom­mé Amyn­tas (car à la recherche d’une lycae­nide amyn­tas, un « petit papillon bleu fort com­mun ») et le natu­ra­liste Louis Marie Alphonse Depui­set qui, s’in­té­res­sant lui aux « coques de cer­taines chry­sa­lides », se fait appe­ler Chrysalidor.

George Sand, au cours de ce séjour, espère pou­voir s’ins­tal­ler à Gar­gi­lesse et y ache­ter une « mai­son renais­sance » dont elle s’est éprise mais que les « deux vieilles sœurs [qui] l’ha­bitent, deux pay­sannes très pauvres » refu­se­ront de lui vendre. Cepen­dant, Man­ceau, son amant, achète la mai­son­nette où ils sont logés :

J’a­vais grande envie aus­si de cette chau­mière, bien qu’elle ne réa­lise pas mon ambi­tion pit­to­resque. Vingt autres sont plus jolies ; mais c’est la seule en vente, et j’al­lais m’en empa­rer… Mais notre ami réclame la prio­ri­té de l’i­dée. Il nous demande de lui lais­ser arran­ger cette chau­mière à son gré et de deve­nir ses hôtes dans nos excur­sions sur la Creuse. Nous reti­rons nos prétentions.

Il échange quelques paroles avec madame Rosa­lie. Le voi­là pro­prié­taire d’une mai­son bâtie à pierres sèches, cou­verte en tuiles, et ornée d’un per­ron à sept marches brutes ; d’une cour de quatre mètres car­rés ; d’un bout de ruis­seau avec droit d’y bâtir sur une arche, plus, d’un talus de rocher ayant pour limite un buis et un ceri­sier sauvage.

George Sand, Pro­me­nades autour d’un vil­lage, Biblio­thèque élec­tro­nique du Qué­bec, p. 110.

Châteaubrun

Des anciens che­mins périlleux par où l’on arri­vait à Châ­teau­brun, nous ne retrou­vâmes plus que l’em­pla­ce­ment. On y des­cend dou­ce­ment par le pla­teau, et la nou­velle route qui côtoie tran­quille­ment le pré­ci­pice a ôté beau­coup de carac­tère à cette scène autre­fois si sauvage.

La ruine est tou­jours gran­diose. Le mar­quis de notre vil­lage l’a ache­tée, avec son vaste enclos, pour deux mille cinq cents francs. Il la tient fer­mée, et il avait bien vou­lu nous en c…

Gargilesse

C’est une gen­tille et mignonne Suisse qui se creuse tout à coup sous vos pieds, quand vous avez des­cen­du deux ou trois amphi­théâtres de col­lines douces et d’un large contour. Vous vous trou­vez alors en face d’une déchi­rure pro­fonde, revê­tue de roches mica­schis­teuses d’une forme et d’une cou­leur char­mantes ; au fond de cette gorge coule un tor­rent furieux en hiver, un miroir tran­quille en été : c’est la Creuse, où se déverse un tor­rent plus petit, mais pas …

Les tapisseries du château de Boussac

Bous­sac est un pré­ci­pice encore plus accu­sé que Sainte-Sévère. Le châ­teau est encore mieux situé sur les rocs per­pen­di­cu­laires qui bordent le cours de la petite Creuse. Ce cas­tel, fort bien conser­vé, est un joli monu­ment du moyen âge, et ren­ferme des tapis­se­ries qui méri­te­raient l’at­ten­tion et les recherches d’un antiquaire.

J’i­gnore si quelque indi­gène s’est don­né le soin de décou­vrir ce que repré­sentent ou ce que signi­fient ces remar­quables tra­vaux ouvr…